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UTILISATION PÉDAGOGIQUE - ARTICLE N° 3

Publié le par Hervé (introduction et conclusion) et les éditions Callicéphale (article principal)

15/05/2018  (Date réelle de publication)

KAMISHIBAÏ ET PROGRAMMES  

SCOLAIRES 

Photo© Callicéphale.                

Cliquer sur les nombres bleus entre parenthèses ci-dessous pour approfondir.

par  LES ÉDITIONS CALLICÉPHALE* (1)

*Cette maison d'édition est reconnue par l'ensemble des professionnels du kamishibaï. Les éditions Callicéphale ont rédigé un document pdf (2) très très complet sur l'usage du théâtre d'images. L'éditeur strasbourgeois a accepté de publier sur KP les pages de ce document qui montrent comment la pratique du kamishibaï peut très bien s'articuler avec les programmes scolaires*.

*décryptés selon le contenu du socle commun de connaissances, de compétences et de culture défini dans le B.O. n° 17 paru le 23 avril 2015 . 

CYCLES CONCERNÉS

Les domaines qui sont délimités par le Bulletin Officiel et le Socle Commun pour lesquels l’outil kamishibaï peut être utile seront présentés par cycle.

Cycle 1  : cycle d’apprentissages premiers (sections de maternelle)

Cycle 2 : cycle des apprentissages fondamentaux (CP, CE1)

Cycle 3 : cycle de consolidation (CE2, CM1, CM2 et sixième)

Avant même de commencer à lire ou à créer avec les enfants, il faut bien sûr impérativement leur expliquer le fonctionnement du kamishibaï et du butaï.

Une séance de kamishibaï en maternelle est l’occasion de développer un grand nombre de compétences chez les élèves, et ce, dans de nombreux domaines.

SOMMAIRE

A. CYCLE 1

Le premier cycle est celui des apprentissages premiers. Les enfants y développent le langage. C’est à cette occasion qu’ils écoutent des histoires et en inventent selon certaines contraintes.

1. S’approprier le langage

Acte essentiel, la maîtrise de la langue française est ce qui conditionne bien sûr l’accès à tous les domaines du savoir et l’acquisition de toutes les compétences. Le kamishibaï, c’est échanger, s’exprimer et comprendre.

En effet, après la lecture d’une très courte histoire, il est possible de faire acquérir de nouveaux mots aux élèves en leur offrant la possibilité de faire des propositions et de dé-crire des illustrations. De plus, grâce à l’écoute du texte que le maître lit, ils peuvent s’approprier les règles qui régissent la structure de la phrase et ils forment leur oreille. C’est le stade de la réception orale.

Par la suite, la reformulation de l’histoire racontée permet aux enfants de pratiquer la langue orale. Les enfants ont souvent des questions à poser à propos du kamishibaï qu’on vient de leur raconter.

Le fait d’imaginer une histoire les entraîne aussi à la pratique de la langue orale. Il est important de leur faire créer les personnages. Cette création force les enfants à échanger leurs points de vue, leurs avis, ce qui les amène à défendre leurs opinions et expliquer leurs choix. En imaginant l’histoire, ils sont aussi amenés à étendre leur vocabulaire. Cette création peut aussi passer par l’invention de la suite d’une histoire. Il suffit de leur lire une histoire et d’inventer une suite à celle-ci.

SOMMAIRE

2. Découvrir l’écrit

Une fois que les élèves sont à l’aise à l’oral, vient la découverte de l’écrit. C’est ici que l’enfant se familiarise avec cette dimension de la langue. Le théâtre d’images permet aux enfants d’écouter et de comprendre un texte lu par l’adulte.

C’est aussi l’occasion de produire un énoncé oral lors d’une dictée à l’adulte. Il s’agit aussi d’une découverte d’un support de l’écrit différent des autres.

Le Bulletin Officiel indique que les enfants « deviennent sensibles à des manières de dire peu habituelles ; leur curiosité est stimulée par les questions de l’enseignant qui attirent leur attention sur des mots nouveaux ou des tournures de phrases qu’ils reprennent à leur compte dans d’autres situations. Après les lectures, les enfants reformulent ce qu’ils ont compris, interrogent sur ce qui reste obscur. Ils sont encouragés à mémoriser des phrases ou de courts extraits de textes. »

En ce qui concerne la préparation à apprendre à lire et à écrire, le kamishibaï peut être l’occasion, dans une certaine mesure, de repérer sons et rimes, mais aussi, des mots nouveaux. A l’exemple des kamishibaïs A l’heure du déjeuner et Qui part à la chasse?, où les auteurs jouent avec les mots et leurs sonorités. Les enfants sont interpellés par ces mots, ils les retiennent plus facilement, appris dans un contexte ludique. Les élèves peuvent contribuer à l’écriture de textes lors d’un atelier de création de kamishibaï.

Toutes ces compétences que le théâtre d’images fait naître ou approfondir, entre dans la première des sept grandes compétences du socle commun qui est la maîtrise de la langue française.

3. Devenir élève

La création d’un kamishibaï permet de développer des compétences propres à ce domaine. Les élèves doivent créer une histoire en groupe : cela développe des compétences relationnelles qui sont indispensables au devenir-élève. Être à l’écoute de ses camarades, les aider et ainsi coopérer font partie intégrante de cette catégorie. Les règles de politesse et de civilité font aussi partie du savoir-vivre et créer à plusieurs implique de respecter des règles telles que savoir laisser s’exprimer ses camarades, attendre son tour pour prendre la parole. La prise de parole est facilitée par le kamishibaï car les enfants qui ont du mal à parler face à un public peuvent se cacher derrière le butaï et ainsi avoir un peu plus confiance en eux. C’est une façon moins frontale de réciter un texte.

La découverte du monde constitue une étape importante du Cycle 1. Un atelier offre la possibilité de découvrir des objets techniques usuels, de s’exercer à la découpe, au collage, pliage, etc. De cette façon, les enfants font la connaissance de la matière en coupant, collant, assemblant divers matériaux : carton, papier, feuilles, etc. Tout cela sans savoir dessiner. On peut être surpris de voir la réalisation de kamishibaï par des classes de maternelle, uniquement dessinés par des enfants.

Le théâtre d’images permet d’approcher les quantités et les nombres d’une manière ludique. Ave une histoire telle Le cadeau de Caro, on retrouve la notion du zéro, des chiffres et du temps qui passe. Lors de la lecture par un adulte ou de la création d’un kamishibaï au sein d’un atelier, se repérer dans le temps et l’espace est une compétence mise en œuvre car les enfants doivent concevoir l’histoire dans son déroulement : ce qu’il y a avant et après, la succession de planches, où se trouvent les protagonistes dans la planche, etc.

Les contraintes propres à la création d’un kamishibaï force les enfants à maîtriser leurs gestes parce qu’ils doivent s’adapter à cette technique.

SOMMAIRE

4. Percevoir, sentir, imaginer, créer

L’école maternelle propose une première sensibilisation artistique. La mise en place d’un atelier de création de kamishibaï peut être l’occasion d’une initiation à cet art. Cette activité est très riche et permet en effet aux enfants d’exercer avec profit leur motricité en adaptant leurs gestes et en utilisant divers instruments : il s’agit de couper, plier, coller… de faire des choix, d’échanger avec les autres, de faire travailler son imagination. On leur demande aussi de s’exprimer à l’aide du dessin.

Ils sont aussi amenés par les arts plastiques à imaginer, créer des images pour illustrer quelques passages de l’histoire, utiliser différentes techniques et travailler à plusieurs. Et créer un théâtre d’images permet aux enfants de travailler aussi leurs compétences visuelles, tactiles, auditives et vocales.

Le projet de création d’un kamishibaï s'avère donc transversal et pluridisciplinaire. Il crée une émulation collective dans l’envie de créer et de s’appliquer pour la réalisation des planches. Ce qui est accentué lorsque chaque enfant de la classe a donc la possibilité très gratifiante de repartir avec un exemplaire du kamishibaï réalisé ou lors de la lecture de l’histoire devant d’autres classes.

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B. CYCLE 2

Il est consacré aux apprentissages fondamentaux

Comme nous l’avons vu précédemment, la maîtrise de la langue française est la condition sine qua non de la réussite des élèves. On poursuit aussi l’acquisition d’un nouveau vocabulaire. Une fois que les élèves savent lire, il est très bénéfique de leur faire lire de très courts textes : chacun lit le texte d’une planche par exemple. Leur lire une histoire et les faire reformuler celle-ci est toujours profitable, d'autant plus ceci les entraîne plus avant dans la langue orale. À cet âge, les enfants peuvent avoir des échanges plus longs et plus profonds, poser des questions qui favorisent la parole.

SOMMAIRE

1. La langue vivante

Ce domaine fait son apparition cycle 2. Le cours préparatoire propose une première sensibilisation à une langue vivante. La lecture d’un théâtre d’images permet aux enfants d’acquérir du vocabulaire dans une langue étrangère. Le kamishibaï  en lui-même peut entrer dans la catégorie « comprendre à l’oral » des derniers programmes officiels du ministère de l’Éducation nationale. En effet, il s’agit pour l’élève de CP et de CE1 de suivre le fil d’une histoire très courte avec des aides appropriées. Des histoires comme Le Cadeau de Caro, Petit Noun, La Légende du Sapin ou Violetta et Rigoletto s’y prêtent facilement. D’autant plus qu’il est possible de les lire une première fois en français afin que les élèves comprennent bien l’histoire puis, lors d’une autre séance en allemand. Il existe des kamishibaï en langue régionale telles que l’alsacien (Myrtille a une  version alsacienne) ou l’occitan.

2. Parler en continu

Autre sous-partie du domaine des langues vivantes, parler en continu est aussi propice à l’utilisation du kamishibaï. Il est alors question de reproduire un modèle oral. C’est une phrase extraite d’un chant, d'une comptine, d’une histoire au CP et un extrait (passage plus long qu’une seule phrase) au CE1. On peut faire apprendre aux élèves de courtes phrases extraites d’un kamishibaï et leur faire répéter. Cela paraît efficace dans la mesure où les élèves travaillent à partir d’un objet / histoire / matériau qui les captive, d’où une implication plus forte de leur part. De surcroît, la lecture d’une histoire permet aux enfants d’exercer toutes leurs compétences en termes d’attention et d’écoute. Compétence 2 du socle commun : la pratique d’une langue vivante étrangère.

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3. L’Histoire de l’Art

Celle-ci peut être abordée, comme dans le texte de Petit Noun, L’hippopotame bleu des bords du Nil et Le Petit cheval bleu. Un objet ou tableau est le centre d’une fiction, à cela s’ajoute une page documentaire. Il est également possible de découvrir un artiste grâce au kamishibaï et de créer un kamishibaï à partir des œuvres d’un peintre. On peut prendre pour exemple un théâtre réalisé à partir d’un texte de Maurice Carême : De quoi peuvent-ils se parler ?

C. CYCLE 3

C’est celui des approfondissements. Les élèves vont alors poursuivre les apprentissages entamés au Cycle 2.

 En ce qui concerne la langue orale, parler en continu fait l’objet d’une attention particulière. Au CE2, les élèves doivent reproduire un modèle oral tel que des courtes comptines, des chansons. Puis, au CM1 et au CM2, le temps de parole ne cesse de croître. On demande aussi aux enfants de raconter une histoire : au CE2 ils peuvent racontent une courte histoire assez stéréotypée et aussi travaillée en classe avec l’aide d’images. Puis les images sont de moins en moins utilisées pour enfin disparaître au CM2.

Le théâtre d’image permet également aux enfants d’approfondir leurs compétences dans ce domaine lorsqu’ils lisent une histoire devant la classe. On peut demander à un ou plusieurs élèves de lire au début l’histoire en plusieurs fois, puis à un seul de lire l’histoire dans son intégralité.

Créer une histoire pour le kamishibaï permet de faire écrire les enfants. On peut demander à des groupes d’élèves d’inventer une histoire à l’écrit puis de les comparer, de les mêler et de les combiner en un seul texte. Cela les fait donc s’entraîner à la rédaction : ils décrivent, inventent, améliorent, se corrigent, etc.

Le kamishibaï est un support d’histoire complémentaire du livre et des autres moyens pédagogiques utilisés dans l’enseignement. Ses qualités très fédératrices en font un outil idéal pour des travaux en groupe, pour un apprentissage de la cohésion et de la création de façon harmonieuse.

SOMMAIRE

POUR ALLER PLUS LOIN

Cliquer sur les nombres bleus entre parenthèses pour remonter au texte initial.

(1) LE SITE DES ÉDITIONS CALLICÉPHALE 

http://www.callicephale.fr/

 

LE KAMISHIBAÏ EN CLASSE.

APPLICATIONS PEDAGOGIQUES

(2Les pages de l'article ci-dessus sont extraites du document pdf "Le kamishibaï en classe. Applications pédagogiques" signé des éditions Callicéphale, publié en 2016. Celui-ci est accessible ci-dessous dans son intégralité en suivant le lien hypertexte. Principales lignes du sommaire de la publication originelle...

1. Définitions  : Technique du kamishibaï. Le kamishibaï. Le butaï. Mise en place du spectacle. Conseils pour le jeu théâtral

2. Création Atelier d’initiation artistique : créer un kamishibaï. Ecriture. Atelier d’écriture.

3. Applications pédagogiques : article publié ci-dessus. Quelques exemples de titres, valeurs et thématiques abordés.

Gage de crédibilité, ce document est visible sur les sites respectifs du réseau des médiathèques de Strasbourg** et du CPD 67, portail des conseillers pédagogiques départementaux du Haut-Rhin. Lien ci-dessous(1)  :

https://www.mediatheques.strasbourg.eu/userfiles/parcours_thematiques/centre_illustration/pdf/biblio/2017/dossier_pedagogique_kamishibai.pdf

** Saluons ici l'action du réseau des médiathèques de Strasbourg, qui oeuvre beaucoup pour l'essor du kamishibaï.

SOMMAIRE

DISPONIBILITÉ DES LIENS INTERNET

ICI

CYCLE 2

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